Archive | mai 2013

Rejets de CO2, consommations, le vrai scandale est ailleurs

C’est dit, c’est sorti, ce doit donc être vrai  les voitures consomment plus, parfois beaucoup plus, que ce que veulent bien dire les plaquettes des constructeurs. 25% d’écart moyen entre la consommation en situation réelle et lors des cycles d’homologation NEDC (1) selon l’ICCT. Oh comme c’est surprenant et inattendu…

Les cassandre nationaux seront les premiers à souligner que les constructeurs allemands sont les plus habiles en la matière (BMW en tête avec 30% entre le cycle d’homologation et la vie réelle), et les français les bons pigeons qui n’exagèrent que de 16%. Je cite un lecteur des Echos (deareup) « C’est tout de même pas anodin cela.Par exemple le Peugeot 3008 Essence 155 ch est déclaré à 159 mg : ça fait un malus de 1500 euro. Si Peugeot trichait autant que les Allemands ça ferait un malus de 300 … ». Pas sûr que ce soit aussi simple, et puis les germanophiles pourront toujours sous-entendre que les voitures allemandes sont nettement plus joueuses et qu’on tape forcément plus dans le moteur d’une BMW que d’un 3008… (oh les vilains)

Mais le vrai scandale est ailleurs, car peu d’entre nous conduisent comme un homologueur, à passer les rapports le plus vite possible et à rouler en limite de calage pour tenir la consommation au plus bas (nos embrayages en sont reconnaissants). Non, le vrai scandale reste le fait qu’en France et en Europe, on attache une subvention, un bonus malus écologique (NB : toujours donner un nom marketing aux lois, ça en fait des lois sympas), de +7,000€ à -6,000€, indexé sur le seul critère de l’émission de CO2. Ce monocritère absurde a excessivement favorisé les petits diesels sans filtre à particules dont on fait aujourd’hui semblant de découvrir la nocivité écologique et sanitaire. Ce bonus/malus a aussi accessoirement coulé certains modèles hauts de gamme pourtant fabriqués en France et pourtant équipés de filtres à particules. C’est malin les copains.

Bref, nos amis politiciens et lobbyistes ont encore accouché d’une usine à gaz (littéralement) que les acteurs privés, bien plus rapides au changement, se sont dépêchés de détourner.

La solution, elle consisterait à arrêter de vouloir légiférer sur tout. Facile à dire et pourtant vrai. Les entreprises savent s’adapter aux réglementations, c’est d’ailleurs leur condition principale de survie. En légiférant pour orienter les achats des consommateurs, on déséquilibre surtout le marché et on risque des absurdités comme ce soutien toxique aux petites citadines diesel.

Bref, qu’on arrête de s’attacher à des critères boiteux et qu’on revienne aux bases.

(1) à partir de 2014 nous passons du NEDC au WLDTCP, ça n’est pas une blague. Cette nouvelle procédure de test est sensée être harmonisée pour le monde entier (car c’est bien connu, au Tibet et aux Pays-Bas on conduit pareil). On peut s’attendre à ce qu’elle ne change rien.

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