Archive | octobre 2013

Au-dessus des lois – le Directeur de l’ANTAI soupçonné de faire payer ses PVs par le Trésor Public

Je suis silencieux en ce moment, pris par le travail et la famille. Reste qu’il est difficile de ne pas rebondir sur cette info-là quand on parle d’actualité routière et qu’on se revendique anarcho-capitaliste.

Révélé par Mediapart : le préfet et directeur de l’Agence Nationale de Traitement Automatisé des Infractions, est soupçonné d’avoir fait payer ses amendes routières du dimanche(1) par le Trésor Public. Tout ceux qui, comme moi, ont fait cette année un chèque un peu plus gros que l’an dernier au Trésor Public apprécieront. Tout ceux qui ont besoin de leur véhicule pour travailler et tremblent à chaque point perdu seront heureux de savoir que le Grand Mamamouchi des radars, lui, aurait échappé au retrait de points pour ces infractions, et donc au retrait de son permis puisqu’il y aurait une douzaine d’infractions concernées. Il a même été maintenu dans ses fonctions en attendant une enquête par ses pairs de l’Inspection Générale de l’Administration, qui dépend tout comme lui du Ministère de l’Intérieur.

J’aime quand un événement anecdotique a quelque chose de révélateur. En l’occurrence de révélateur sur la moralité de ceux qui entendent nous gouverner, ceux qui nous donnent des leçons à longueur de temps. Souvenez-vous, le même préfet trouvait le 11 janvier 2008 (au micro de LCI) que les motards n’étaient pas assez verbalisés par les radars automatiques.

Je pourrais faire le parallèle avec Cahuzac mais citons-en un autre en rapport avec la route (ligne éditoriale oblige). Le 28 avril 2013, c’est un directeur adjoint de cabinet ministériel qui heurte délibérément un bénévole de rallye routier. Rendant visite à sa famille, mécontent de voir la route fermée par l’événement sportif, il force le passage. Normal. Cité par Midi Libre quelques jours après les faits, il prétend ne pas avoir « fait état de [s]a fonction pour avoir un passe-droit » (il voulait juste forcer une route fermée par arrêté préfectoral, comme monsieur tout le monde). Il déclare ensuite sans sourciller « Je n’ai pas eu un comportement violent ni délictuel avec le commissaire de course avec lequel je suis resté un long moment. Ce comportement ne serait pas digne d’un fonctionnaire quel qu’il soit ». Encore un beau donneur de leçons : sur la vidéo ci-dessous vous ne manquerez pas de voir sa 508 de fonction percuter sans ménagement le bénévole (de dos !) avant de forcer le passage.

Il n’a écopé que de 90€ d’amende, il est toujours en poste.

 

Un ministre du budget en charge de la fraude fiscale qui s’avère être un fraudeur invétéré et reçoit toujours son indemnité de ministre. Un préfet en charge des verbalisations qui ne paierait pas ses PV et échapperait au retrait de points. Un directeur adjoint de cabinet ministériel qui viole un arrêté préfectoral et heurte un concitoyen.

Nous payons leurs salaires. Notre patience a des limites.

(Connaissez-vous Lysander Spooner ? « These so-called governments are in reality only great bands of robbers and murderers, organized, disciplined, and constantly on the alert » No Treason, chap. 18)

(1) Apparemment il est acceptable de faire payer par le Trésor Public le coût des infractions commises les autres jours de la semaine… Vous aussi votre employeur paie vos amendes ?
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