Fury Road – Taxi vs. VTC, le coupable c’est l’Etat

FLR - fury road taxi

Difficile de passer à côté de cette actualité brûlante. Après les actions coup-de-poing de taxis nerveux tendant des pièges aux chauffeurs UberPop, les manifestations du 25 juin laissent éclater plus encore la colère des taxis traditionnels contre les chauffeurs privés. Ce sont cette fois tous les chauffeurs privés (et pas seulement les UberPop, les seuls dont la légalité soit questionnable) qui sont pris pour cible, leurs véhicules vandalisés.

FLR - fury road taxi - vtc vandalisé 2

Et les politiques, bien contents de pouvoir à nouveau flatter leur clientèle, prennent la défense des taxis contre une prétendue loi de la jungle ou un ennemi américano-paradifiscalisant (Bartolone, Estrosi, Cazeneuve, les Républicains…). Tout en manipulant des approximations pour faire croire que les VTC « délocalisent leurs profits hors de France ». Les artisans VTC, assujettis aux mêmes cotisations sociales et aux mêmes impôts que les taxis, apprécieront. (**voir note de bas de page sur UberPop et les cotisations sociales**)

Car ce n’est pas la concurrence qui est déloyale. C’est la loi.

En laissant les municipalités limiter le nombre de licences en circulation (à Paris, ce rôle échoit à la Préfecture), l’Etat empêche l’ajustement naturel de l’offre et de la demande. Raison pour laquelle les usagers se plaignent de la faible disponibilité de taxi en zones tendues comme Paris, et de leur coût franchement prohibitif.

Un système d’une absurdité confondante puisque, les licences étant attribuées gratuitement, elles ne rapportent rien à l’Etat. Elles peuvent être revendues par le taxi au bout de 15 ans (qui empoche dans ce cas la création de valeur) et pourront ensuite être à nouveau revendues tous les 5 ans. C’est naturellement leur rareté, provoquée par les limitations imposées par l’Etat, qui fait leur valeur et impose aux taxis entrant sur le marché de s’endetter pour le simple droit de travailler. Concrètement, elles n’enrichissent que les vieux taxis à la revente (et devient essentiellement leur pécule-retraite) et les banques qui en financent l’acquisition.

Les licences sont l’avatar d’un système absurde, injuste, qui fausse la concurrence et enrichit les banques.

Cher taxi énervé, le problème ce n’est pas toi, ce n’est pas les VTC, ce n’est même pas UberPop. Le problème c’est l’Etat.

Plutôt que de saccager les véhicules de gars qui bossent comme toi, demande à l’Etat de racheter les licences et de mettre fin à cette distorsion de concurrence (voir dans cet article comment ça peut se faire sans rapporter honteusement aux spéculateurs).

Une position notamment soutenue par le Collectif Antigone, l’un des rares à identifier la vraie source du problème

**Quant aux autoentrepreneurs qui essaient d’arrondir leurs fins de mois avec UberPop (et hors toute constatation sur les questions de permis et d’assurance pro), la différence de cotisation sociale avec les artisans est la même que dans tous les autres métiers où cohabitent des autoentrepreneurs à fiscalité allégée et des artisans. Les plombiers et chauffagistes ont beau râler contre les autoentrepreneurs qui font du dumping (un mot que les taxis se sont récemment approprié), ils ne vont pas vandaliser l’outil de travail des autoentrepreneurs. La raison est simple : l’Etat ne fausse pas la concurrence chez les plombiers ou les chauffagistes.

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  1. Taxi vs. VTC – quelle solution ? | frère la route - 26 juin 2015

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