Taxi vs. VTC – Quelle solution ?

Dans ma note d’hier, « Fury Road – Taxi vs. VTC, le coupable c’est l’Etat« , je parle de la responsabilité étatique mais pas des solutions envisageables.

Globalement les commentaires que je lis (notamment sur Twitter) sont assez acides à l’égard des taxis, et semblent suggérer qu’un rachat de licences serait, à l’image du renflouement des banques il y a quelques années, une incitation à la spéculation, une forme d’aléa moral.

L’argument est que les licences étant initialement distribuées gratuitement par l’Etat, il n’est pas envisageable que l’Etat les rachète. Mais aller dire à tous les taxis pas malhonnêtes (ne soyons pas de mauvaise foi, il y en a certainement) qu’ils peuvent se la carrer bien au fond, alors qu’ils se sont endettés sur 5-10 ans juste pour avoir le droit de travailler, revient à les transformer en victime expiatoire d’un système dont ils n’ont peut être pas tous profité.

La solution ? Une formule de remboursement qui éteigne la spéculation, financée par une redevance sur tous les trajets taxi et VTC

Pas d’autre issue satisfaisante que le remboursement des licences. Si on s’amuse à effacer 48.000 licences d’un coup, ce n’est pas seulement les méchants taxis spéculateurs qu’on lèse (et leurs familles…), c’est aussi les banques qui les financent. Impensable puisque de toute façon ce serait à nouveau à la collectivité de rembourser les pertes des banques (ne rêvons pas).

Il faut donc envisager un rachat au réel : on rembourse le prix payé (et évidemment pas la valeur de marché actuelle). Ce qui signifie qu’on ne paie rien pour les licences attribuées gratuitement par les municipalités (ou la préfecture à Paris). Les grands gagnants resteront les taxis qui ont reçu une licence gratuitement, et après les 15 ans réglementaires, l’ont vendu récemment à la valeur de marché. C’est malheureux mais on ne va pas exagérer : les taxis sont loin d’être la profession réglementée la plus honteusement lucrative. Reste le sujet des sociétés et grandes centrales qui détiennent de nombreuses licences (notamment 75% des licences à Paris, soit environ 13.000) à rembourser au réel également, l’avantage étant que ces licences ont été en moyenne reçues/acquises il y a longtemps et n’ont pas changé de main récemment. Le montant de 100.000€ en moyenne pour les 48.000 taxis est donc à réduire sensiblement.

Pour financer ce rachat, pas tellement d’alternative : création d’une redevance sur la totalité des trajets (erf, devoir suggérer la création d’une nouvelle taxe me rend malade). Ceci permet d’inclure les VTC dans l’effort en échange de la libéralisation (quid pro quo comme disent les anglophones). Taxi et VTC partageraient ainsi le fardeau de la fin des licences. La libéralisation du marché et la disparition (diminution?) des barrières à l’entrée permettra de faire baisser les prix pour les clients, compensant l’effet haussier de cette redevance. Au final, c’est naturellement l’usager qui paiera (donc la collectivité) mais ne soyons pas de mauvaise foi : ce système de licences, s’il a bénéficié aux taxi, n’en a pas moins été mis en place sous la responsabilité de ceux que nous avons élus.

La prochaine étape est donc changer d’élus pour ne plus laisser créer et perdurer ce type d’interventionnisme corporatiste. Il est grand temps.

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